Aller au contenu

Pourquoi j'ai arrêté d'écrire des conseils morphologiques

Par · · 6 min de lecture

« Telle silhouette doit éviter telle coupe » : un système de règles présenté comme technique, qui ne repose sur rien et fonctionne comme une liste d'interdits.

J'en ai écrit, et je ne le fais plus. Voici pourquoi, parce que je pense que c'est le sujet le plus important de ce site.

Ce que ces systèmes prétendent être

Une méthode : on classe une silhouette dans une catégorie, on en déduit ce qui convient et ce qu'il faut éviter. La présentation est technique, avec un vocabulaire et des schémas, ce qui lui donne un air de compétence.

Or ces classifications ne reposent sur rien de solide. Elles varient d'une source à l'autre, ne s'accordent ni sur le nombre de catégories ni sur leurs frontières, et leurs recommandations se contredisent régulièrement.

Un système dont deux sources sérieuses donnent des versions incompatibles n'est pas une méthode. C'est une convention.

Ce qu'ils font réellement

Ils établissent une norme implicite et distribuent des façons de s'en rapprocher. Le vocabulaire est révélateur : il s'agit toujours d'allonger, d'équilibrer, de structurer, d'atténuer — c'est-à-dire de corriger quelque chose qui n'a pas été présenté comme un défaut mais qui est traité comme tel.

Le résultat pratique, c'est une liste de choses à ne pas porter. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un que ces règles avaient rendu plus libre dans ses choix.

Ce que je propose à la place

Des mécanismes plutôt que des prescriptions. Où tombe une taille et ce que ça produit. Comment un tissu fluide et un tissu structuré se comportent différemment sur le même corps. Ce qu'un tombé change à la façon dont on se déplace.

Ces éléments sont observables et ne comportent aucun jugement. Chacune en tire ce qu'elle veut, y compris l'inverse de ce que j'en tirerais.

La seule chose que je conseille

Essayer, et se fier à ce qu'on ressent en bougeant plutôt qu'à l'image dans le miroir de face. Un vêtement qui gêne un geste ordinaire ne sera pas porté, quelle que soit son allure sur le moment.

Et se méfier des achats faits en se disant que ça ira mieux dans d'autres circonstances. C'est la catégorie d'achat qui finit le plus souvent au fond d'un placard, et elle est directement produite par le discours des règles.

Portrait de Lina Mazzoni

Rédactrice en chef · Mode & Beauté

Comment cet article a été produit